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Les enfants terribles Jean Cocteau (partie 2)

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Apolline



ThèmesL’amour: Il y a trois sortes d’amour : 1. L’amour fraternel, 2. L’amour passionnel et 3. L’amour sous forme d’adoration. 1. Le frère et la sœur entretiennent une relation étrange, d’amour et de haine. Ils se font souffrir volontairement en se jouant des tours. C’est une liaison très forte que rien ne peut séparer, même pas le mariage d’Élisabeth et de Michaël, ou encore l’amour que Paul et Agathe éprouvent l’un pour l’autre et celui que Gérard ressent pour Élisabeth. C’est comme si le lien qui unit Élisabeth à Paul était indestructible, quoiqu’il leur arrive, ils se retrouvent toujours les deux. 2. Agathe et Paul s’aiment véritablement et ne peuvent s’aimer, à cause d’Élisabeth qui a peur qu’Agathe détruise le lien qu’elle a avec son frère. Il y a aussi Gérard qui aime Élisabeth mais il n’ose pas le lui avouer. 3. Il y aussi l’amour sous forme d’adoration avec Paul qui idolâtre Dargelos et Gérard et Agathe qui idolâtrent le frère et la sœur.

Le rêve : La liaison de Paul et Élisabeth est due au jeu que les enfants pratiquent. Le jeu est un moyen de s’échapper du monde réel, les effets sont les mêmes que ceux d’une drogue, c'est-à-dire qu’ils sont en état de transe, ils sont absents mentalement. Il y a un univers magique dans leur chambre, notamment avec leur trésor, composé d’objets communs tels que des tubes d’aspirine, des bigoudis, des clefs anglaises, etc. qui ont une valeur importante et significative pour eux. Pas même la mort de leur mère ne les empêchera de créer cet univers imaginaire qu’est le jeu, au contraire, cette mort leur permet d’être encore plus libres. Ne vivant qu’entre enfants, ils sont, dès lors, libres de nier le monde adulte, le monde de la raison, le monde réel.

L’enfance : À travers le jeu, ils jouent la comédie de l’enfance, qui consiste d’échapper au monde adulte, de rester entre enfants, de se créer un monde qui répond à leurs espérances. Ils dirigent ce monde comme bon leur semble, décidant de leur destin, comme on a pu le voir avec Élisabeth qui organise le mariage d’Agathe et de Gérard. En refusant de vivre dans le monde adulte, les enfants terribles s’enferment dans un monde parallèle, celui de l’enfance et du rêve, et se dirigent inexorablement vers leur fin.

Le renfermement : Par le fait que les enfants habitent tous d’abord chez Élisabeth et Paul et ensuite dans la maison de Michaël, ils sont complètement coupés du monde. Ils passent leurs journées et nuits dans leur(s) chambre(s), parfois sans en sortir, se créant donc cet univers de rêve dont on vient de parler. Mais il y a aussi le renfermement dans le sens que Paul, Agathe et Gérard doivent garder pour eux leurs sentiments qu’ils ressentent pour les différents membres du groupe. Ils vivent ensemble mais ne peuvent se livrer complètement aux autres, se renfermant sur eux-mêmes. Le fait de ne pas avoir avouer leur amour les uns pour les autres aura permis à Élisabeth de les contrôler et de les tuer, symboliquement ou réellement, les uns après les autres.

Le conflit : Tout au long du roman, Élisabeth et Paul s’aiment et se déchirent. Ils sont si proches car ils partagent la même chambre, ils font tout ensemble, cela crée des liens très forts entre eux (amour fraternel). Mais, comme ils partagent tout, cela crée aussi des différents, ils ne font que de se chamailler pour montrer qui est le plus fort d’entre eux, prennent à partis Agathe et Gérard contre l’autre, dans le seul but de faire enrager son frère ou sa sœur. Mais, le conflit le plus important est, sans nul doute, celui créé à la fin du roman, par Élisabeth : Lorsqu’elle apprend qu’Agathe et Paul sont amoureux, la relation fraternelle du frère et de la sœur vire au drame. Élisabeth, ne supportant pas l’idée que l’on puisse lui « prendre » son frère, manigance une stratégie ayant pour but de marier Agathe à Gérard, de telle manière qu’elle ait toujours le contrôle sur son petit frère. Cette manigance aura un résultat pour le moins morbide.

La mort La mort résulte donc de la manigance d’Élisabeth. Paul, désespérément amoureux d’Agathe et ayant compris à tort qu’elle aime Gérard, mange la boule de poison offerte par Dargelos. On peut remarquer que Dargelos apparaît au début du roman, comme le lanceur de la boule de neige, et à la fin du roman, au moment de sa mort. C’est à cause de lui que les ennuis de Paul commencent et c’est aussi à cause de lui qu’ils finissent. Entre-temps, c’est Agathe, son portrait féminin qui a « pris le relais », dont Paul est évidemment tombé amoureux. On peut donc penser qu’Agathe est un peu l’ « annonciatrice » de la fin de Paul, d’ailleurs Paul dira, lors de sa mort, « c’est de ta faute, Agathe ». Pendant son agonie, Paul et Agathe découvrent le petit jeu d’Élisabeth, qui avoue sans regret qu’elle était jalouse d’Agathe et ne voulait pas perdre Paul. La seule chose restant à faire pour Élisabeth, comme guidée par une force inconnue, étant d’entraîner son frère dans la mort, elle se met à jouer au jeu, sachant qu’il ne pourra pas résister à jouer lui aussi. Ce sera la dernière fois qu’ils joueront au jeu, puisqu’ils meurent quelques instants plus tard. On peut relever qu’Élisabeth meurt la première, croyant son frère mort. Mais, Paul n’est pas encore mort, et c’est un peu comme si c’était quand même lui le plus fort, lui qui a réussi à battre sa sœur à la fin, en lui faisant croire qu’il était mort. C’était pour la mise à mort réelle.
Il y a donc aussi la mise à mort symbolique. Agathe et Gérard en devant se marier l’un à l’autre, renflouent les sentiments qu’ils éprouvent pour Paul et Élisabeth, devant se sacrifier pour ce qu’ils croient être le bonheur des frères et sœurs. Au final, seule Élisabeth sera heureuse, ayant réussi à garder son frère pour elle, et ce, pour l’éternité. Mais ils sont aussi et surtout punis d’avoir transgressé la loi qui nous oblige, un jour, de quitter l’adolescence pour le monde adulte : en effet, à travers leur « jeu », ils ont voulu éterniser les moments privilégiés de l’enfance, chose qui n’est pas permise, alors Élisabeth, en quelque sorte dirigée par le destin, se donne la mort quasiment en même temps que son frère, ce qui fait qu’elle permet à leur adolescence d’entrer dans l’éternité.

Esthétique
L’esthétique est très présente chez Cocteau. Autant ses personnages, Élisabeth et Paul, sont représentés comme des êtres magnifiques, d’une beauté inégalable. Dans le livre, Cocteau n’hésite pas à comparer Élisabeth à une prêtresse d’un temple. Une prêtresse est en général une femme très belle qui célèbre le culte d’une divinité, ce qui nous montre que la théorie de l’esthétique est ici confirmée. D’ailleurs, Élisabeth, consciente de sa beauté, va devenir mannequin dans une grande maison de couture. Les décors sont aussi décrits sur le principe de cette esthétique : Le temple serait ici la chambre, endroit très important pour eux, comme dans l’antiquité grecque. En général, les temples sont des bâtiments imposants, avec des secrets, tout comme leur chambre, dont la beauté n’est pas à discuter. Tous les décors ont l’air mystérieux, Cocteau se donne beaucoup de peine à tout décrire, pour nous mettre dans l’ambiance. D’ailleurs, la propre vie de Cocteau est elle-même dominée par les préoccupations esthétiques : il met souvent des souvenirs, des notes personnelles et des réflexions dans ses œuvres. Dans Les enfants terribles, le lycée est le même que celui où il allait plus jeune, le héros s’appelle comme son grand frère (Paul), il a été élevé par sa mère, comme Élisabeth et Paul et pour finir, il a été bouleversé par la beauté d’un camarde de classe, Raymond Dargelos, le même personnage que Paul idolâtre. De même que les romans de Cocteau ne s’inscrivent pas exactement dans l’appellation « roman ». En effet, Cocteau classe ses œuvres en poésie : un roman n’est pas un roman, mais une poésie de roman, de même pour le théâtre qui devient une poésie de théâtre. Il considère que ses œuvres sont placées sous le signe de l’expression du mystère poétique, c’est pour cela que les éléments en référence à la poésie et à l’esthétisme sont si fréquents dans ses œuvres. Cela montre aussi le côté surréaliste de Cocteau, car les surréalistes n’ont que mépris pour la littérature et transforment tout en poésie.

Débat
Pensez-vous que le rêve est une échappatoire à la vie réelle ?

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